La Gauche Moderne Bretagne

Le blog de la fédération bretonne de La Gauche Moderne.

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15 décembre 2009

Redonner à la France un grand projet d’avenir

La Gauche Moderne se réjouit de la feuille de route que le Président de la République a assigné à l’emprunt national, lors de la conférence de presse qui s’est déroulée aujourd’hui : investir pour accroître le potentiel de croissance économique de la France et orienter cet investissement autour de quelques priorités stratégiques, privilégiant les secteurs d’excellence, vitaux pour l’avenir de notre pays.

L’investissement sur l’avion du futur, le navire économe, Ariane, la recherche et le développement, l’enseignement supérieur sont autant d’exemples parmi tant d’autres des retombées positives que notre pays est en droit d’attendre pour retrouver foi en son avenir et en son talent.

L’idée de l’emprunt entraîne naturellement l’adhésion d’une formation soucieuse de voir prévaloir l’intérêt général et celui des générations futures.

Et même si La Gauche Moderne imaginait un montant plus élevé que celui finalement adopté - 35 milliards - afin de conforter un pacte national éprouvé par la crise, notre formation politique souscrit aux priorités annoncées par Nicolas Sarkozy, qu’il s’agisse de l’enseignement supérieur, de la formation, de la recherche ; de l’industrie, du numérique ou du développement durable.

Le Président a choisi de maintenir un cap volontariste qui requiert l’intervention de l’Etat afin de créer les conditions d’une reprise durable de la croissance. C’est le cœur de cette politique que nous avons choisi de soutenir, contre tous les conservatismes.

Nous réaffirmons qu’un emprunt n’a jamais appauvri une nation dès lors qu’il correspond à la construction d’un actif, d’au moins égal montant.

L’esprit de ce grand emprunt, qui allie l’intervention de l’Etat aux potentialités innovatrices des entreprises, de la recherche et de l’université, sera un levier pour restaurer la confiance et renforcer notre pacte républicain.

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Initiative contre les bonus excessifs

La Gauche Moderne se félicite des mesures annoncées pour lutter contre la distribution de bonus excessif aux traders par les organismes financiers (au-dessus de 27 000 euros). Il est temps de donner des signes forts aux banques pour leur rappeler que les Etats les ont soutenues l’an passé, non pour redevenir des centres de spéculation mais pour financer la création de véritables richesses, seules garantes de l’avenir de notre société. Ce qu’il faut c’est aider les PME et les PMI, pas spéculer sur l’or, le pétrole ou le sucre.

Mais la France, seule, ne pouvait donner ces signes sans risquer d’affaiblir ses capacités concurrentielles de marché. En cela l’initiative commune avec le gouvernement britannique, qui a autorité sur la City, est un remarquable pas en avant.

Il faudra aller plus loin, associer tout l’Eurogroupe et toute l’Union à cette politique, à ce train de mesures qui n’est que la mise en œuvre conséquente des décisions du G20.

Aller plus loin, c’est aussi mettre en chantier une taxe, par nature minime, sur les transactions financières, outil de réorientation de l’épargne vers l’industrie, aujourd’hui véritablement aussi nécessaire, que possible.

La Gauche Moderne observe cependant qu’une campagne d’opinion s’exerce depuis quelques semaines pour infléchir l’orientation de l’exécutif, par divers moyens. Ici, certains exagèrent les perspectives et les rythmes de sortie de crise. Là, ils invoquent l’argument des déficits publics pour fragiliser l’idée de grand emprunt, qui distingue pourtant la mauvaise dette, du financement indispensable des investissements productifs. Elle y voit la manœuvre des conservateurs qui ressurgissent et qui, visent en réalité à affaiblir la stratégie mise en œuvre par le Président de la République pour réguler et refonder le capitalisme.

Au moment où l’Euro est dangereusement surévalué pour nos emplois, où la Grèce est en danger de faillite, on ne peut faire comme si rien n’avait eu lieu, et que la politique passée devait reprendre ses droits.

La France, grâce aux choix de ses dirigeants, est engagée dans une redéfinition du modèle de l’économie, plus tourné vers la création de vraies richesses que vers l’exploitation sans fin de bulles spéculatives qui éclatent régulièrement faisant des dégâts colossaux, que le monde du travail finit par payer.

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Rapports de la commission Union Pour la Méditerrannée

La Gauche Moderne a fait de l’Union Pour la Méditerranée l’une de ses priorités de réflexion et d’action.

Convaincue que l’avenir de la France et de l’Union Européenne passe notamment par le Sud ; elle a décidé de porter, au sein du paysage politique et au centre de la société tout entière, son enthousiasme éclairé sur l’Union Pour la Méditerranée et l’espoir qu’elle représente, après l’échec du Processus de BARCELONE.

A ce jour, de nombreuses tentatives de coopération entre les pays méditerranéens ont échoué, faute de volonté politique, de moyens à la hauteur des enjeux et d’implication effective des peuples du Sud comme du Nord de la Méditerranée.

La Gauche Moderne est convaincue que seule une action volontariste, concrète et visible pourra donner espoir à cette initiative.

Espoir éclairé, car non utopique. L’Union Pour la Méditerranée œuvre à une mutualisation de projets concrets, à un rapprochement pour le développement économique, social, environnemental et culturel, dans une institution cogérée par le Nord et le Sud.

Les femmes et les hommes impliqués en responsabilités doivent précéder ces projets, puis les accompagner, les porter. Nos différents pays ont les mêmes préoccupations et des atouts communs. Ils doivent s’ouvrir une époque de réconciliations et d’échanges afin d’aboutir à la construction d’un avenir commun, forcément partagé et nécessairement tourné vers la prospérité et la paix.

L’Union Pour la Méditerranée vise à la mise en place des conditions de la reprise du dialogue et d’une période de stabilité ; passage obligatoire vers la prospérité d’un espace euro-méditerranéen réaffirmé où certains pays du Sud ont besoin d’une entreprise collective qui leur ouvre des perspectives en matière de développement et de paix civile.

Cette Union Pour la Méditerranée repose sur trois principes fondateurs : la mobilisation politique au plus haut niveau par des sommets tous les deux ans ; la gouvernance égalitaire (coprésidence par un pays du Nord et un pays du Sud et secrétariat paritaire permanent) ; la priorité aux « projets concrets de dimension régionale créateurs de solidarités de fait ».

La France a un rôle primordial à jouer pour la réussite de cette union et la France n’est jamais autant fidèle à elle-même que lorsqu’elle donne une âme à ce qu’elle habite.

La Gauche Moderne, par le dialogue permanent qu’elle conduit avec les mouvements et les personnalités réformistes et démocrates, entend accompagner le processus de coopération pour le développement économique et culturel de l’Euro-Méditerranée dans le sens de la solidarité et de l’humanisme.

La Gauche Moderne s’est ainsi défini trois axes prioritaires de travail, dans des espaces laissés vacants par les six priorités fixées lors de la mise en place de l’Union Pour la Méditerranée, le 13 Juillet 2008.

Ces trois axes seront :

La santé :

Dans l’organisation d’une offre de soins transméditerranéenne de qualité et son remboursement.

Dans les grands thèmes de santé publique tels que : épidémies, pathologies nutritionnelles, cancers, transfusions et transplantations…

Dans la recherche médicale et dans les formations médicales et paramédicales.

Le tourisme :

A travers la mise en place de grands projets de développement d’échanges touristiques, à dimension interculturelle, projets basés sur un tourisme respectueux des territoires, pérenne et inscrit dans le cadre général d’un développement durable..

Les Pôles de compétitivité et les clusters :

A travers un maillage étroit des cités du bassin méditerranéen où existent déjà des pôles de compétitivité ou susceptibles d’en accueillir et qui devront créer des partenariats d’excellence et d’intérêt, capables de faire de ce vaste espace euro-méditerranéen une nouvelle référence en matière de recherche, de développement et d’innovation.

La Gauche Moderne s’engagera dans tout partenariat qui pourra permettre d’avancer sur ces trois axes prioritaires, avec, pour ambition, de lancer des ponts d’une rive à l’autre et de préparer de nouvelles relations entre le Nord et le Sud, plus humanistes et fraternelles.

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07 décembre 2009

Marielle Gallo et Diane Le Beguec sur Marianne2.fr

Marielle Gallo, députée européenne Gauche moderne, et Diane Le Beguec, membre du même parti, réagissent ici à la réforme Chatel, qui prévoit de rendre optionnelles l'histoire et la géographie en terminale S. Une aberration à l'heure où les repères collectifs sont plus fragiles que jamais. Devenir citoyen est un impératif auquel la connaissance de l'histoire ne saurait faire défaut.

Horace Vernet - Barricade de la rue Soufflot en Février 1848

Horace Vernet - Barricade de la rue Soufflot en Février 1848

La profonde inquiétude, l’émoi, le choc même, qui ont été suscités par le projet de rendre l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie optionnel au lycée pour les terminales scientifiques sont naturels. Certes, ce n’est pas là une question nouvelle. Il s’agit, en réalité, de la conclusion d’années d’errance et d’abandon qui on mis en danger notre École, mais on attend de notre majorité qu’elle marque une rupture avec cela. Au moment où il nous faut réagir contre une évolution qui n’est pas inéluctable, on pourrait faire le mauvais choix : celui d’entériner un processus extrêmement grave.

Cela fait des années en effet que l’enseignement de l’Histoire Géographie a été peu à peu vidé de sa substance. Prenons le cas de l’Histoire. Depuis des dizaines d’années déjà les élèves survolent la Révolution française, fondatrice, pourtant, de notre identité politique et nationale. Quant au dix-neuvième siècle, il n’est abordé que sous l’angle de la révolution industrielle, comme si ce siècle fondateur pour notre culture, nos idées, notre système politique, n’était que quantité négligeable. Comment s’étonner, alors même que l’on célèbre la victoire d’Austerlitz, que des étudiants du supérieur, à qui l’on apprend que le dix-neuvième siècle fut politique, demandent ingénument : « Napoléon 1er, Napoléon III, Napoléon Bonaparte, Louis Napoléon Bonaparte… mais enfin, il y en a combien en tout ?! ». Les hebdomadaires français qui publient régulièrement des numéros sur l’Empereur se doutent-ils seulement de l’ampleur du fossé qui les sépare de ces jeunes lecteurs ? Les plus grandes écoles de commerce françaises, devant l’ampleur du désastre, ne peuvent que constater l’urgence qu’il y a à renouveler l’enseignement de la culture générale… Or que nous propose-t-on ? Rendre optionnelle la connaissance du vingtième siècle lui-même ?

Beaucoup ont souligné qu’à l’heure où on lance un débat sur l’identité nationale, faire fi du caractère fondamental de certains enseignements du secondaire tels que l’Histoire et la Géographie, est absurde et dangereux. Cela est évident. Le débat sur l’identité nationale n’apparaîtrait plus que comme une péripétie électoraliste si s’opérait une telle réforme. Car l’enseignement secondaire a un double objectif : faire de ces jeunes gens des citoyens, d’une part, et les aider à faire le choix d’un avenir professionnel qui sera fait de spécialisation, d’autre part. Or l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie fait partie de ce socle immuable qui fera de nos jeunes des citoyens éclairés. Il n’est pas d’appartenance nationale sans connaissance de notre histoire collective. Il n’est de construction d’un monde commun, sans l’apprentissage des héritages multiples qui ont façonné la nation française. Partager cet avenir, c’est peut-être avant tout, accepter nos richesses, nos gloires et aussi nos erreurs passées, ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui « la Mémoire ». Quelle peut-être cette mémoire s’il n’y a plus d’Histoire ? Une mémoire tronquée, déformée, potentiellement instrumentalisée. L’ingratitude à l’égard du passé est le plus souvent le fruit de l’ignorance des faits, qu’ils soient chronologiques, physiques, climatiques, tant l’ensemble de ces déterminations ont façonné l’âme d’un peuple. Rendre optionnelle la connaissance du vingtième siècle est à proprement parler impensable. Les deux guerres mondiales, le Chemin des dames, la Révolution d’Octobre, la Shoah, la Libération, De Gaulle, la décolonisation, la Guerre froide, le traité de Rome, la chute du Mur, mais aussi 1958, 1968, 1981 : ce ne seraient que de simples mots, de simples dates ?

Lorsque Jean-Marie Bockel était Secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, il avait tenu à rappeler l’importance des commémorations nationales. L’historien André Kaspi avait remis un rapport proposant que la jeunesse soit mieux associée à ces moments symboliques qui participent aussi de l’identité nationale. C’était là dans le droit fil de ce beau projet du Président de la République consistant à lire la lettre de Guy Môquet dans toutes les écoles. Mais un de ces mêmes jeunes sur deux devait en définitive, ignorer les raisons pour lesquelles il se trouve là, quel sens cela aurait-il ? Aussi grande soit sa qualité, il ne suffit pas d’un cours de collège pour comprendre l’histoire formidable et dramatique du vingtième siècle. Des jeunes de 17, 18 ans, à la veille de devenir citoyens à part entière, ne peuvent pas ignorer le poids énorme qui est désormais le leur, qui, dans une démocratie où chacun participe du pouvoir politique, est le lot de tous les citoyens. Ce serait un risque de dissoudre un peu plus la citoyenneté dans un consumérisme déjà très présent et s’empêcher de fonder la République sur l’exercice de la raison partagée.

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Conseil National de La Gauche Moderne

La Gauche Moderne a tenu le 5 décembre son Conseil national.

Celui-ci a fait un tour d’horizon de l’actualité politique et réaffirmé la nécessaire présence d’une voix de gauche audible et forte au sein de la majorité présidentielle.

Il a ensuite débattu de l’organisation de la campagne électorale dans chacune des régions, en même temps qu’il a fait le point des négociations politiques sur la composition

des listes avec nos partenaires du Comité de liaison de la Majorité présidentielle.

Il a enfin adopté le règlement intérieur pour lequel le Congrès l’avait mandaté, et réglé un contentieux existant à Paris.

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03 décembre 2009

Conseil Politique National le Samedi 5 Décembre

La Gauche Moderne réunit son Conseil Politique National à PARIS le Samedi 5 Décembre.

Thierry GUILLAUDEUX, animateur de la Région Bretagne, Doris MADINGOUX, Conseillère municipale à Rennes, et Thibaud DENOLLE seront présents.

Ce Conseil Politique devrait désigner les premiers candidats départementaux pour les élections régionales de Mars 2010.

L'après-midi, diverses Commissions de travail Nationales seront réunies.

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02 décembre 2009

Bernadette Malgorn dans le Finistère...

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Les Minarets...

C’est à travers un biais malsain, celui des minarets, que l’extrême droite populiste suisse a posé la question de l’intégration de l’Islam dans le champ public. Lui emboitant le pas, nombre de médias européens souhaitent poser ainsi la question, cherchant plus à susciter l’émotion que la réflexion sereine qui serait nécessaire.

La façon, dont les électeurs suisses ont réagi, montre qu’il y a une crainte forte dans la population suisse, qui est probablement aussi présente en France, devant les manifestations internationales de l’islamisme fondamentaliste. Au delà du terrorisme, la condition faite à la femme, l’interdiction de toute autre forme de religion dans de nombreux pays qui se réfèrent à ces dogmes entretiennent cette crainte.

L’Islam de France, qui s’est doté d’une structure de dialogue et de représentation qui aide à la perception de sa volonté d’intégration dans le cadre laïque de notre république, ne ressemble en rien à ces modèles totalitaires, pour qui la religion n’est qu’un prétexte. Son existence contribue à affaiblir et faire reculer les courants extrémistes, dont chacun sait qu’ils ont aussi des relais dans notre pays.

C’est pourquoi, il est toujours préférable, plutôt qu’une mosquée clandestine dans le sous-sol d’une cité, qui favorisera la radicalisation, la construction d’un édifice de prière. Naturellement celui-ci devra s’intégrer dans la tradition d’urbanisme de la ville et du quartier ou il est construit. Les mosquées ont, par nature, leurs minarets, ceux-ci ne doivent pas transformer le paysage qui les entoure, l’architecture et l’urbanisme modernes savent fournir tous les moyens pour que ce soit aisément le cas.

La Gauche Moderne, approuve le fait que des maires de grandes villes, comme Marseille ou Mulhouse aient choisi d’autoriser la construction de mosquées dans leur ville, dans le respect de l’architecture et de l’environnement, comme l’avait déjà fait Paris il y a plus de cent ans, avec un succès qui ne se dément pas, rencontré auprès de parisiens, de toutes origines, depuis lors.

La Gauche Moderne

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19 novembre 2009

Jean-Marie Bockel montre sa liberté d'esprit

Justice sous tutelle, sur Canal Plus : on pouvait craindre le pire  avec un tel titre, avec la vision prévisible de Thierry de Lestrade, Brigitte Vital-Durand  et certains des intervenants. Notamment un ancien magistrat ayant abandonné ce métier et évidemment impitoyable avec son passé ! Pas un n’était prêt à formuler, dans ce désastre collectif prétendu, la moindre lueur d’espérance et d’équité. Seulement du défaitisme, de la morosité et aucun orgueil de la fonction. Comment mettre en confiance le citoyen avec un tel paysage, systématiquement poussé au noir ! On pouvait craindre le pire et on l’a eu.

Aussi, c’est avec bonheur que j’ai eu envie de me ressourcer auprès des interventions récentes de Jean-Marie Bockel qui, s’il ne peut à lui seul restaurer une meilleure image de la Justice, a au moins le mérite de nous offrir une représentation ministérielle qui tranche non seulement par rapport aux ministres dits d’ouverture (sur quoi ?) mais aussi à l’égard des fidèles d’origine. En effet, alors que son champ de compétence devait concerner les immenses difficultés pénitentiaires (et qui le demeurent) et qu’il s’est vu promu « généraliste » sans affectation particulière, il a su, contre certaines dérisions ou moqueries, marquer son terrain et faire reconnaître sa place.

A mon sens, l’aide éclairée de Laurent Marcadier, son directeur de cabinet, n’a pas été pour rien dans cette bienfaisante affirmation de soi sur les plans technique et politique. Car rien n’est plus difficile que de démontrer, par sa seule pratique, à quel point on est utile, lorsqu’on ne cultive pas la surenchère admirative qui vous garantit une bienveillance mécanique du Pouvoir et qu’on travaille sous l’autorité d’un garde des Sceaux qui n’en manque pas.

Et Jean-Marie Bockel a  persuadé les sceptiques qu’il avait du talent pour exister.
Il l’a prouvé avec éclat au cours de cette fin de semaine où aussi bien dans le Journal du Dimanche que sur LCI il a formulé plusieurs orientations au sujet de l’instruction. Elles ont suscité des réactions multiples d’abord parce qu’elles sont venues contredire apparemment l’axe central du rapport Léger : la suppression du juge d’instruction, ce qui n’est pas une mince audace quand on songe à l’injonction présidentielle du mois de janvier 2009, ensuite en raison de leur teneur qui ne peut laisser personne indifférent.

J’avoue, sans doute à cause de la pente de ma personnalité, que j’éprouve un vif plaisir à lire et à entendre un secrétaire d’Etat qui, certes encore dans une phase d’écoute et de réflexion, n’hésite pas à revenir sur le dessein initial en se fondant sur un processus qui l’a conduit, avec d’autres, à remettre en cause ce qu’on croyait gravé dans l’airain gouvernemental.  Je ne surestime pas non plus les effets de cette liberté intellectuelle puisque Jean-Marie Bockel ne l’a pas manifestée pour s’opposer mais par honnêteté et qu’il se pliera aux arbitrages susceptibles de le contredire.

Pour ma part, cette démarche en rupture avec l’inconditionnalité sur le fond qui empêche en réalité toute avancée stimulante me touche d’autant plus qu’elle bat en brèche la procédure accusatoire que je défends et la suppression de l’instruction à laquelle je tiens mais pas à n’importe quelle condition. On n’a pas besoin d’être d’accord avec lui pour l’estimer.

Jean-Marie Bockel, conscient de cet impératif - il serait en effet inconcevable de ne pas traiter de la réforme du Parquet pour garantir son indépendance - fait à nouveau référence à ce jalon capital. Il faudra bien aborder de front ce bloc, cet écueil et traiter un jour ou l’autre ce problème. C’est une pierre non négligeable de suggérer qu’on ne puisse plus passer outre les avis du Conseil supérieur de la magistrature pour les nominations du Parquet. Cela fait peser la responsabilité sur le CSM qu’on crédite peut-être trop vite d’une absolue lucidité dans ses choix. Reste que ce qui est évoqué constituerait tout de même un progrès.

Plus profondément, Jean-Marie Bockel, en proposant un « collège de l’instruction » pour les affaires les plus sensibles et les plus complexes - les dossiers de terrorisme, de corruption, de criminalité organisée ou de santé publique -, ouvre une piste qui culminera en trois phases essentielles : la mise en cause, le placement en détention provisoire et le renvoi devant une juridiction de jugement. Je ne suis pas persuadé que ce retour de l’instruction, avec la collégialité en prime, constitue une panacée même si la discussion publique des charges, à privilégier, serait de nature à éviter les étouffements permis par le secret et l’officieux de la justice. Je regrette toutefois que l’alternative n’existe qu’entre une instruction restaurée ou un accusatoire inachevé. Il y a cependant dans les perspectives présentées par Jean-Marie Bockel un pavé dans la mare du « judiciairement décrété » et l’amorce d’un véritable et courageux débat.
Que Jean-Marie Bockel demeure ce qu’il est et ne rentre pas dans le rang.


Philippe Bilger
Marianne 2

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17 novembre 2009

Juge d'instruction: Bockel propose de créer un"collège de l'instruction"

bockel

PARIS, 14 novembre 2009 (AFP) - Le secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel prône, dans un entretien publié samedi par le JDD, la création d'un

"collège de l'instruction" qui travaillerait en lien avec le parquet, pour remplacer les juges d'instruction dans les enquêtes les plus complexes.

La position de Jean-Marie Bockel diffère de celle de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie qui défend la suppression du juge d'instruction et la création

d'un juge de l'enquête et des libertés chargé de contrôler le travail du parquet, devenu l'unique autorité dirigeant l'enquête.

Le collège de l'instruction, formé de juges d'instruction, "indiquerait une direction dans les enquêtes sur les affaires les plus sensibles, les plus complexes,

comme les dossiers de corruption, de criminalité organisée ou de santé publique", explique le secrétaire d'Etat.

Par ailleurs, ce collège statuerait à trois moments clé de l'instruction d'une affaire: "la mise en cause d'une personne, le placement en détention provisoire et le

renvoi devant une juridiction de jugement", ajoute Jean-Marie Bockel.

Le rapport Léger, qui sert de base au projet de réforme de la procédure pénale attendu début 2010, préconise de donner au futur juge de l'enquête et des libertés

la mission de contrôler le travail du parquet pendant l'enquête et de statuer sur les mesures les plus attentatoires aux libertés comme le placement en détention

provisoire.

Face aux critiques de la gauche et des magistrats, Michèle Alliot-Marie a récemment dit ne pas exclure un renforcement des compétences du futur juge de

l'enquête et des libertés, suggérant que ce juge, et non le seul procureur, puisse renvoyer un mis en cause devant une juridiction.

Une majorité de Français (71%) font confiance aux juges d'instruction et 55% d'entre eux estiment que leur suppression "est une mauvaise chose car la loi va

entraîner un contrôle du pouvoir politique sur les enquêtes les plus sensibles", selon un sondage CSA réalisé en mars.

ef/ed/jpa

© 1994-2009 Agence France-Presse

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